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PME, réveillez-vous ou L’apologie de la com corpo !

J’ai eu l’idée de ce petit article suite à une discussion éclairante avec l’un de mes clients, Président d’une PME industrielle. Je l’en remercie donc.

donner_du_sens

Tel un docteur ès médecine, je lui donnais mon diagnostic sur la pratique (pauvre) de la communication corporate au sein des PME françaises et mon point de vue (oserais-je dire mon ordonnance) sur la nécessité, pour les PME, de pratiquer cet art de la communication corporate et ce, de façon intensive.[Commentaire nécessaire à la poursuite de l’article : il ne s’agissait en aucun cas de prêcher pour ma paroisse de communicants (ou de vendus c’est selon…) ]
Pourquoi donc ? Je m’explique.

Un monde en mouvement, des parties prenantes multiples, UNE attente commune : celle du sens

Nous vivons dans un monde qui a perdu ses repères, un monde dans lequel les anciens paradigmes fonctionnement mal, un monde dont les cadres évoluent sans cesse, un monde en recherche de nouveaux sens.
Individuellement, (les nouvelles générations, Y, Z ne me contrediront pas) nous cherchons à donner du sens à notre vie, à nos actions, à notre travail, à apporter une valeur matérielle tout autant qu’immatérielle à la Société (j’y mets un grand grand S).
Nous, individus, sommes multiples : salariés, freelances, entrepreneurs, consommateurs, partenaires, actionnaires….

Nous sommes les parties prenantes des acteurs économiques, nous sommes aussi variés et exigeants vis-à-vis des entreprises du CAC 40 que des PME.
Nous cherchons à établir un lien entre nos systèmes de valeurs et ceux des entreprises, à entrer en résonance avec elles.

Nous attendons des acteurs économiques, surtout des PME, qui sont des acteurs de la proximité, qu’ils expriment une vision, qu’ils partagent leurs missions, qu’ils donnent du sens à leur action. Un petit truc en plus que de juste faire tourner les turbines de la machine économique : leur raison d’être.

J’en reviens donc à ma première interrogation – assez prosaïque : pourquoi les PME doivent-elles impérativement communiquer de façon institutionnelle ?

4 raisons : économique, image, RH et «morale»

1/ Faire tourner la machine…

Il y a bien entendu, l’impératif économique qui suit le schéma suivant : notoriété > croissance > turbines qui fonctionnent à plein régime ! C’est une question de survie : remplir le carnet de commande est le besoin primaire à satisfaire pour les PME.
Faire de la Mercatique : promouvoir son offre, ses services, ses produits est nécessaire et je n’annonce pas la fin du Marketing avec un grand M. Mais cela ne devient plus suffisant

Aujourd’hui, les parties prenantes, attendent plus de vous, PME. Réveillez-vous : elles veulent de l’engagement, un point de vue, un avis. Elles veulent acheter du comment et non plus du quoi ?
Elles veulent que vous, PME, participiez au débat, les éclairiez de votre avis d’expert.
C’est devenu fondamental, que ce soit dans le BtoB ou le BtoC. A vous de légitimer votre existence d’organe qui participe de plusieurs façon à faire tourner un organisme vivant.

Mais, comme me le faisait remarquer mon client, lui n’a pas besoin de croître davantage, (quelle chance en ces temps fastes…) en tout cas, pas pour l’instant… Qu’à cela ne tienne !

2/ Quelle image laissée à la postérité ?

Perdez le leadership un moment, laissez votre voix au placard et d’autres viendront dégainer la leur. La nature a horreur du vide et votre réputation aussi !
La notoriété a d’autres objectifs assumés que celui d’apporter du newbiz comme on dit : rassurer des clients acquis, les fidéliser, anticiper, pérenniser une position, une place, un statut au sein de l’échiquier que vous et vos concurrents prenez tant de soin à observer. Voilà à quoi sert aussi la prise de parole corporate : à se différencier en tant qu’organisation à produits équivalents, à se positionner sur les valeurs, les manières de faire. En fin de compte à véhiculer votre façon de penser le monde.

Il s’agit bien de construire sa réputation, d’établir son influence dans son secteur, de faire rayonner sa vocation.

3/ Quel(s) talent(s)s !

Le troisième impératif permet de faire vivre une entreprise dans la durée… Il est lié à la nécessaire innovation, créativité. Le capital ? Pas que…. Je veux parler du travail, des hommes, des talents.
Demain (pourquoi attendre demain, d’ailleurs, aujourd’hui), il faudra aux PME françaises redoubler d’intelligence pour séduire et intégrer ces talents.
La compétition est féroce car elle est ultra-mondiale. Les talents ont la liberté que leurs aptitudes leur donnent : ils veulent choisir. Ils veulent suivre un leader créatif, plutôt qu’un chef autoritaire. Ils veulent participer à une aventure exceptionnelle, à la création de richesse qui donne du sens au monde qui les entoure.

Les PME françaises, doivent et vont devoir, s’entourer de ce capital humain qui exigent qu’on les porte vers un futur aux contours à peine dessinés mais qui donne envie, motive, et transcende le quotidien.

4/ Participer au Collectif, s’engager

La quatrième et dernière raison est presque politiquement morale (et très très personnelle) et relève de la responsabilité de chaque organisation d’apporter sa pierre à l’édifice du collectif humain.

Faisant corps avec la Société, dans un monde où la transparence n’a plus de limites, où les tabous et les non-dits sont les plats préférés des jeunes geeks et «petites poucettes», les PME, parce qu’elles existent dans un tout qui les dépasse, se doivent de prendre part au débat, aux enjeux de société, de prendre position, de prendre des risques, de penser le monde et de l’exprimer pour participer pleinement à ce «Un» que nous formons…

Entraîner, partager, créer de l’engouement

Il ne s’agit pas de faire du bling bling, du superficiel, du superflu, du superfast-thinking. Il s’agit de dire vrai, de faire sens, d’être authentique et de marquer le monde de son empreinte, aussi petite soit-elle.
Parfois, la communication corporate passera par des prises de parole très spécialisées, thématiques, discrètes. D’autres fois, elle passera par la/les voix des entrepreneurs eux-mêmes : visionnaires, charismatiques, gourous. A chacun son style pour constituer une parole assumée et identifiée et entraîner, dans les échos des mots, dans les sillages des pensées les ambivalents, les opposants, les convaincus, les fans, les friends, les like…

D’ailleurs, est-ce une simple coïncidence si on parle de «followers» sur Twitter…

Affaire à suivre donc.

Milka Pantelic